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Blessure musculaire : zoom sur les ischio-jambiers | Dossier RéflexionSport

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Découvrez le dossier spécial du numéro #13 de ReflexionSport consacré à la blessure musculaire de l'ischio-jambier. Nous avons tous en tête l’image d’un athlète portant la main derrière la cuisse, stoppé dans sa course par une douleur vive. Cet événement est souvent le résultat d’une lésion des fibres musculaires des ischiojambiers, muscles qui participent à la flexion du genou et à l’extension de la hanche. Comment préserver les sportifs de cette blessure et quelle prise en charge possible ?

 

Constats
La lésion musculaire des ischio-jambiers est reconnue comme la blessure sans contact la plus courante dans de nombreux sports (par exemple : athlétisme, football, football australien, rugby) et nécessite un arrêt de l’activité pouvant aller jusqu’à plusieurs mois selon la gravité de la lésion (Cf. Tableau 1). Cette indisponibilité pour l’entraînement et la compétition est néfaste pour la performance, comme l’ont montré les études sur les clubs de football participant à la Ligue des Champions (Hagglund et al. 2013).

Les équipes ayant connu le plus grand nombre de blessures aux ischio-jambiers sont moins performantes que celles qui en ont été préservées.

 

Les conséquences se traduisent immédiatement sur le plan économique, avec des pertes estimées à 75 millions ₤ pour les clubs de Premier League anglaise. Comme en témoigne la littérature foisonnante sur le sujet, cliniciens et scientifiques se sont donc attachés à essayer de mieux comprendre le phénomène, afin de mettre en place des stratégies efficaces visant à réduire l’incidence des HSI (Opar et al. 2012). Pourtant, cette dernière est restée relativement stable ces dernières années (par exemple : entre 5 et 7 nouvelles blessure par club en football australien depuis 1997), voire connaît une légère augmentation (+ 4 % chaque année pour les clubs de l’UEFA depuis 2001 [Ekstrand et al. 2016]). Ce constat est d’autant plus inquiétant que la mise en place de protocoles adéquats a permis de réduire de manière significative l’occurrence d’autres types de blessures (ex : entorses de cheville [Williams et al. 2012]).

Le taux de récidive des HSI est lui aussi particulièrement élevé (de 16 à 32 % en fonction des disciplines [Ekstrand et al. 2011])

Le taux de récidive des HSI est lui aussi particulièrement élevé (de 16 à 32 % en fonction des disciplines [Ekstrand et al. 2011]) même si les observateurs constatent une légère diminution ces dernières années. Toutefois, cette tendance semble être le résultat d’une plus grande prudence des staffs médicaux vis-à-vis de ce type de blessure, plutôt que d’une amélioration de l’efficacité des méthodes de prise en charge. Le développement actuel des nouvelles technologies, qui devraient offrir des solutions nouvelles à cette problématique, pousse d’autant plus à relativiser cette pseudo-embellie. L’accumulation de ces éléments soulève ainsi de probables lacunes dans la compréhension des mécanismes mis en jeu lors de la survenue d’une lésion ou l’omission d’étapes simples dans le parcours de prise en charge de la blessure.

 

Les raisons d’un échec

À l’aune de cette recherche abondante, deux constats forts peuvent être dressés : les causes exactes des HSI ne sont pas élucidées à ce jour et de nombreux facteurs interviennent et interagissent dans les mécanismes lésionnels. Toutefois, comme le mentionne Mendiguchia et al. (2012) dans une des revues récentes qui s’intéressent au sujet, bien que de nombreux paramètres semblent contribuer au risque de blessure (par exemple : âge, sexe, force, souplesse, etc.), ces derniers sont bien souvent considérés de manière isolée. Mais finalement, la blessure n’est-elle pas la simple conséquence d’un déséquilibre entre la contrainte mécanique subie par le tissu musculaire et sa capacité à y résister ? Par conséquent, les deux critères les plus communément utilisés pour évaluer le risque de blessure ou établir les critères de retour à l’activité sont la force et la souplesse des ischio-jambiers (Askling et al. 2006). Si ces indicateurs sont aujourd’hui reconnus comme pertinents en matière de prévention de la blessure, les méthodes utilisées à ce jour pour les évaluer présentent plusieurs limites.

 

Lire l'intégralité de l'article dans RéflexionSport #13

 

Dossier réalisé grâce à la participation de Gaël Guilhem, Alain Frey, Simon Avrillon et Lilian Lacourpaille.

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