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Elodie Clouvel « Le plus beau reste à venir »

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À seulement 27 ans, Élodie Clouvel est entrée dans l’histoire de sa discipline, le pentathlon moderne, en devenant vice-championne olympique à Rio. Alors qu’elle reprendra l’entraînement en novembre, la belle Insépienne déborde encore d’ambitions.

  

Entre vos différentes sollicitations, notamment médiatiques, et votre participation aux championnats du monde militaires fin septembre et à un relais mixte début octobre, avez-vous pris le temps de savourer votre médaille d’argent olympique ?
C’est vrai que ma vie a été pas mal chamboulée depuis Rio, plus encore que ce que je ne l’imaginais (sourire). Mais j’adore ça ! Quand je vois tout le bonheur que j’ai pu procurer à mes proches, mais aussi à tous ces gens qui ont, en plus, découvert et apprécié le pentathlon grâce à ma performance, je me rends compte que j’ai vraiment marqué les esprits. Le plus beau moment restera malgré tout celui où je suis montée sur le podium et que j’ai eu la médaille autour du cou. En passant la ligne d’arrivée, je n’étais pas assez lucide. J’étais même à deux doigts de la syncope et je n’ai pas tout de suite apprécié. Alors que sur le podium, j’ai été submergée par l’émotion. C’est là où j’ai vraiment réalisé ce que je venais d’accomplir. Et chaque jour depuis, je savoure, même si j’ai aussi connu une période difficile en rentrant de Rio.

 

 

  

C’est-à-dire ?
Physiquement, j’ai beaucoup donné dans ces Jeux, même si j’aurais pu aller encore plus loin et faire beaucoup mieux. En revanche, mentalement, je suis allée au-delà de ce que je me pensais capable. Et quand la pression est retombée, mon corps a lâché. J’ai enchainé une bronchite, une sinusite, j’ai eu 40 de fièvre, une infection urinaire, j’ai même dû aller à l’hôpital après avoir été victime de déshydratation… C’était intense (sourire), mais pas si surprenant finalement tant je me suis investie pendant 4 ans et encore plus le jour J pour aller chercher cette médaille.

   

  

Est-ce que vous réalisez aussi que vous êtes entrée dans l’histoire en devenant la première française médaillée olympique individuelle du pentathlon moderne (Joël Bouzou, Didier Boubé et Paul Four avaient terminé 3e en 1984 dans l’épreuve par équipes, ndlr) ?
C’est bien sûr une immense fierté. Des grands noms du pentathlon français - Joël Bouzou, Sébastien Deleigne, Amélie Cazé… - n’ont pas eu cette chance et je me rends compte de ce que cela signifie. Mais pour moi, ce n’est pas la finalité. Cette médaille, c’est seulement le début de quelque chose. Et puis… ce n’est pas de l’or. (sourire). En individuelle, je suis vice-championne du monde, vice-championne d’Europe, vice-championne olympique…. (elle a remporté le titre mondial en relais mixte en 2013, ndlr). Maintenant, je veux l’or. C’est ce qui va le mieux à mon teint (rires). Durant ces 4 prochaines années, je vais avoir à coeur de dominer mon sport, d’aller chercher les grands titres et de terminer par la plus belle des médailles à Tokyo. Rio était une magnifique aventure, mais je suis déjà passée à autre chose.

  

   

Avec un peu de recul, nourrissez-vous quelques regrets d’avoir laissé échapper cette médaille d’or qui semblait vous tendre les bras avant la dernière épreuve ?
C’est vrai qu’elle est passée à un fil (sourire). Mais non, je ne peux pas avoir de regrets. D’autant plus que j’ai bien conscience de qui s’est passé. Lorsque je me suis élancée sur cette épreuve du combiné (tir/course), j’étais sur un nuage, comme tout au long de la journée, je n’avais peur de rien et je sentais que je pouvais gagner. Lors du premier 800m, je me suis dit que je pouvais reprendre la Polonaise (Oktawia Nowacka, finalement 3e, ndlr) et à un moment, j’ai pensé : « Je vais être championne olympique ». Exactement ce qu’il ne faut pas faire ! Et quand je suis arrivée sur le deuxième tir, j’ai clairement manqué de lucidité. C’est là que je « perds » le titre. Celle qui a gagné (l’Australienne Chloë Esposito, ndlr) a su saisir sa chance. Mais ce n’est pas grave. Je le répète, cette médaille est comme une victoire pour moi… même si elle n’est pas en or. J’ai tenté, j’ai osé, j’ai aussi fait des erreurs et à partir de tous ces enseignements, je vais pouvoir « bosser » ces 4 prochaines années.

   

  

   

Lire l'intégralité de l'article dans INSEP le Mag #17 

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