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Emily Thoui, La Rage de Vaincre

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Championne du monde en 55 kg, Émily Thouy, 24 ans, fait partie depuis plusieurs années des leaders de l’équipe de France de karaté. Alors que sa discipline intégrera le programme des Jeux de Tokyo en 2020, la jeune femme, professeure de sport stagiaire, espère bien faire partie de cette nouvelle aventure olympique et ramener une médaille du Japon dans trois ans pour compléter un palmarès déjà bien garni.

En octobre 2016, vous deveniez championne du monde de karaté en – 55 kg. Est-ce qu’il était important pour vous, alors que le karaté fera son entrée au programme olympique à Tokyo en 2020, de vous affirmer comme la « patronne » de la catégorie en ce début d’olympiade ?

Non, je ne raisonne pas comme cela. Les Jeux sont encore loin et il peut se passer beaucoup de choses d’ici là. Ce premier titre mondial était surtout une belle satisfaction personnelle, et d’autant plus que j’avais terminé seulement 2e en 2014 et que je restais sur un échec aux championnats d’Europe quelques mois plus tôt (éliminée dès le troisième tour, ndlr). Mais depuis le début de ma carrière, je pars du principe que chaque compétition est une nouvelle aventure. Je tourne à chaque fois très vite la page. Ce que je veux, c’est gagner, point. Je ne me dis pas que je suis la « patronne » ou ce genre de chose. Je n’ai pas été éduquée comme ça et j’ai un entourage qui saurait me remettre à ma place dans le cas contraire (sourire). De toute façon, dans la foulée des Mondiaux, j’ai dû vite redescendre sur terre, car moins d’une semaine après, je passais les oraux du concours de professorat de sport ! Et là, j’avais beau être championne du monde, pour le jury, ça ne comptait pas vraiment (sourire). Ça remet vite les choses en perspective.

 

Vous avez d’ailleurs décroché votre diplôme quelques semaines plus tard…

Et c’était très important pour moi. Le karaté reste un sport amateur. Et la priorité a toujours été d’assurer ma reconversion. Lorsqu’on m’a proposé d’intégrer le pôle France du Creps d’île-de-France à 14 ans, mes parents ont été clairs : tant que j’avais des bonnes notes, je pouvais y rester, mais dans le cas contraire… Le karaté est une passion que je vis pleinement, mais avec ce diplôme, je suis aujourd’hui plus sereine, car je sais que mon avenir professionnel est assuré. Je travaille depuis le mois de décembre à la DDCS du Calvados comme conseillère d’animation sportive (Professeure de Sport stagiaire) avec pour mission de développer la pratique féminine dans les quartiers prioritaires de la ville. J’ai dû jongler avec un emploi du temps un peu compliqué ces derniers mois, mais j’espère être très vite titularisée et bénéficier à terme d’un poste INSEP qui me permettrait de me concentrer sur l’entraînement ces trois prochaines années dans la perspective des Jeux Olympiques. Et qui sait, peut-être que de nouvelles opportunités verront le jour.

 

Pour revenir sur votre année 2016, vous évoquiez les championnats d’Europe à Montpellier. Après votre élimination précoce alors que vous étiez la tenante du titre, est-ce qu’il a fallu vous remettre en question dans la perspective des Mondiaux ?

Oui, à Montpellier, j’ai pris une belle leçon et cet échec a servi de déclic. Mais avec le recul, je dirais que j’en avais besoin.

 

Pour quelles raisons ?

Disons que je suis quelqu’un d’assez têtue. Butée même (sourire). Quelques mois avant les championnats d’Europe, je m’étais gravement blessée à la cheville (rupture des ligaments, ndlr). J’avais échappé à l’opération, mais alors que les médecins m’avaient prescrit au minimum deux mois et demi de repos, je ne m’étais arrêtée qu’un mois et j’avais repris à fond, comme d’habitude. Je souffrais énormément à l’entraînement, je transpirais à cause de la douleur et pourtant, j’insistais et je ne me plaignais pas. Je voulais tellement être prête pour Montpellier. Sauf que j’ai mis ma santé en danger et que j’aurai pu compromettre la suite de ma carrière. Pour quel résultat ? C’est là que j’ai compris qu’il fallait non seulement que je sois plus à l’écoute de mon corps, mais aussi que je fasse évoluer mon entraînement. La formation que je suivais au même moment dans le cadre du professorat du sport m’a énormément aidé dans cette remise en question…

 

Retrouvez l'intégralité de cet article dans INSEP Le Mag #21 ICI

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