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Haby Niaré et Myriam Baverel : chercheuses d’Or

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Qualifiée pour ses premiers Jeux Olympiques en – 67 kg, la championne du Monde 2013 de taekwondo, Haby Niaré, pourra compter sur le soutien indéfectible de son entraîneur, Myriam Baverel, pour aller chercher l’or. Entretien entre deux - fortes - personnalités.

« Je me focalise d'abord sur les points qu'il me reste à améliorer, sans penser au reste » Haby Niaré

Le taekwondo français a remporté 4 quotas olympiques, vous avez désigné nominativement les athlètes qui seront en lice à Rio, dont Haby en – 67 kg … Quels sont finalement les enjeux des quelques semaines qui vous séparent de l’ouverture des Jeux ?
Myriam Baverel : Contrairement aux précédentes olympiades, les quotas ont été attribués très tôt dans la saison, dès le mois de décembre, et pour gagner en sérénité et asseoir les positions des uns et des autres, nous avons effectivement fait le choix au sein de la fédération de désigner très vite les titulaires et les remplaçants dans les 4 catégories qualifiées pour Rio*. Nous avons pu ainsi construire notre préparation en nous projetant pleinement sur les Jeux. Aujourd’hui, notre
ligne directrice est simple : ils ont toutes et tous le potentiel pour aller décrocher l’or olympique. Mais qu’est-ce qui pourrait faire qu’ils ne seraient pas à leur meilleur niveau le jour J ? Comment pourraient-ils passer à côté ? On les prépare donc au pire ! 

Et le pire, Haby, vous l’envisagez ?
Haby Niaré : Non, bien sûr. Ma mission est d’aller chercher l’or olympique et je me prépare avant tout pour donner le meilleur de moi même. Je sais que j’ai encore une grosse marge de progression et pour ma part, je me focalise d’abord sur les points qu’il me reste à améliorer sans penser au reste.
MB : C’est surtout le rôle de l’encadrement d’envisager les éventuelles difficultés qui pourraient se présenter. Haby est un vrai génie du taekwondo. Mais elle doit encore être capable de tenir une stratégie, se l’approprier, s’adapter aussi à celle de ses adversaires et saisir la moindre opportunité. Nous la préparons de manière à ce qu’elle ait un cadre bien établi aux Jeux. Et ensuite, elle pourra s’exprimer et créer comme elle sait si bien le faire ! Et si c’est le cas, l’or sera au rendez-vous.

 

Haby, vous êtes aujourd’hui numéro un mondiale dans la catégorie des – 67 kg, vos entraineurs vous qualifient de génie… Est ce que le risque ne serait pas d’arriver à Rio avec un excès de confiance ?
HN : Non, pas du tout. Non seulement Myriam serait là pour me remettre la tête à l’endroit…
MB : Je confirme (rires) !
HN : …mais j’ai aussi beaucoup appris des trois années qui viennent de s’écouler. Lorsque j’ai remporté le titre mondial en 2013, je pensais que j’allais ensuite tout gagner jusqu’aux Jeux. Et l’année d’après, je suis complétement passée à côté ! Il m’a fallu bien deux trois ans avant de revenir à mon meilleur niveau. Mais c’est peut-être la meilleure chose qui pouvait m’arriver avant Rio. Si j’étais restée invaincue ces dernières années, je me serai peut-être loupée le jour J. Aujourd’hui, je sais que je ne dois pas me reposer sur mes lauriers. À chaque compétition, je fais en sorte de repartir de zéro.

Est ce que votre objectif est malgré tout de garder votre statut de numéro 1 mondiale jusqu’aux Jeux ?

HN : Ce n’est pas vraiment un objectif. Bien sûr, ce serait agréable et les premiers tours aux Jeux seraient peut-être aussi plus simples pour moi. Mais ce n’est pas l’enjeu des mois à venir. Et même si j’arrive aux Jeux en numéro 2 ou 3, cela ne changerait rien. Je serai toujours aussi déterminée. 

Votre année 2015 a été contrastée avec un premier semestre marqué par une blessure, votre défaite prématurée aux Mondiaux (élimination en quart de finale) et aux Jeux Européens (4e) et votre retour au plus haut niveau en fin d’année, avec notamment des victoires au Grand Prix de Manchester et à la finale de la Coupe du Monde à Mexico. Comment l’avez-vous vécu ?
HN : Avec le recul, je dirai que c’était une année… disons intéressante à vivre. Je n’ai pas réussi à conserver mon titre ni même à remporter de médailles aux championnats du Monde, mais cet échec ne m’a pas vraiment touché. Car je savais que ce n’était pas l’objectif prioritaire de la saison. En revanche, les Jeux Européens m’ont plus marqué. Je ne m’attendais pas à perdre à nouveau contre la même adversaire (la Turque Nur Tatar, vice championne olympique à Londres en 2012, ndlr). J’ai eu le déclic à ce moment là. Je me suis dit « Ok, j’ai une bonne garde et une bonne jambe gauche, mais visiblement, ça ne suffit plus. Il faut que je change. » C’est ce que me répétait l’encadrement depuis plusieurs mois mais je n’étais peut être
pas prête à l’accepter.

MB : Je suis contente d’entendre ce raisonnement dans la bouche d’Haby aujourd’hui. Car quand elle est devenue championne du monde, la difficulté de l’encadrement a été de lui faire admettre qu’il fallait qu’elle évolue. Elle s’appuyait sur une jambe forte, elle gagnait tout ou presque, elle avait du coup du mal à accepter nos remarques alors qu’on souhaitait qu’elle utilise plus souvent sa jambe droite. Elle voyait le présent, nous l’avenir. Pendant deux ans, elle est restée sur ses acquis. Mais le fait d’avoir encaissé quelques défaites qu’elle a eu du mal à digérer a été ce qui pouvait lui arriver de mieux. Haby n’était clairement pas prête à redevenir championne du Monde l’an passé. Mais dès qu’elle s’est remise en question et qu’elle a été prête à se mettre dans l’inconfort, ça a payé. Il faut aussi avoir l’humilité de reconnaître que c’est l’athlète qui a les clés. C’est d’abord à lui ou elle d’avoir envie de passer le cap.
HN : J’ai pris aussi en maturité. J’avais 20 ans quand je suis devenue championne du monde. Je suis encore jeune, je n’ai que 23 ans aujourd’hui, mais ces trois dernières années ont été tellement riches et intenses. J’ai connu des hauts et des bas au niveau sportif, j’ai décroché une CIP (comme Agent Commercial Voyageurs à la SNCF, ndlr) qui m’a fait gagner en sérénité, et j’ai recentré mes objectifs. Je ne me focalise pas seulement sur ce que je sais faire de mieux. J’ai ouvert mon horizon.

 

 

Lire l'intégralité de l'article dans INSEP le Mag #14

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