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Hockey sur gazon : combiner dimension technique et physique pour évaluer autrement

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Travailler la technique en intégrant le physique reste une des problématiques essentielles des athlètes de sports collectifs pour gagner les grandes compétitions internationales. C’est le constat qui a émergé au sein du pôle hockey sur gazon de l’INSEP.

 

Une équipe, avec l’unité d’aide méthodologique de la performance de l’INSEP, a donc décidé de mettre au point un dispositif d’évaluation pour mesurer l’efficacité d’une tâche technique dans un contexte physique exigeant provoquant nécessairement une fatigue. Vincent Le Croller et Enzo Hollville nous font partager leurs actions sur ce projet de grande envergure impliquant notamment conjointement un travail entre entraîneur, chercheur et spécialiste en méthodologie.

 

 

 

La maîtrise d’un geste technique malgré la fatigue

L’équipe de France masculine occupe la 14e place dans la hiérarchie du hockey mondial. Malgré des résultats internationaux en progression (vice championne du monde junior, vice championne du monde universitaire, 2 demi-finales de World League, 6e au Champions Challenge) et une élévation certaine de son niveau de jeu, nous ne pouvons que constater les faits : la France n’a pas décroché son ticket pour les Jeux olympiques de Rio et redescend dans le groupe B européen. Si les récents scores contre les plus grandes équipes laissent penser que l’écart entre elles et l’équipe de France masculine se resserre (défaites 3-2 contre l’Inde, 5-4 et 4-3 contre la Belgique, 4-3 contre l’Irlande, 4-3 contre l’Espagne, match nul 2-2 et victoire 2-1 contre le Pakistan) la réalité s’impose : cette équipe n’est pas encore en mesure de gagner les matches décisifs.

 

... une technique est réellement maîtrisée à partir du moment où elle peut être réalisée de manière efficace dans toutes les situations.

 

Un certain manque d’expérience et la jeunesse de l’équipe peuvent expliquer cela, mais la raison principale repose sur le décalage entre le niveau du championnat de France et celui des compétitions internationales. La disparité de l’intensité de jeu, l’engagement athlétique et les modèles tactiques – la quasi-totalité des nations majeures joue en système de défense individuelle – impliquent la  nécessité d’une adaptation systématique aux exigences du haut niveau.

Un travail indéniable a été réalisé auprès des internationaux des équipes de France de hockey sur gazon en ce qui concerne la dimension physique. Ce travail a fortement contribué à l’amélioration de la performance des équipes de France. La mise en place d’un nouveau test s’inscrit dans le cadre de la réflexion préalablement engagée sur la dimension physique. Nous sommes partis du postulat qu’une technique est réellement maîtrisée à partir du moment où elle peut être réalisée de manière efficace dans toutes les situations. À haut niveau, c’est dans un contexte de vitesse, de puissance, et finalement de fatigue que les habiletés techniques sont sollicitées. Si malgré un contexte difficile, le geste est efficacement réalisé, on peut alors conclure que l’habileté technique est fondamentalement maîtrisée. Nous avons fait le choix de développer une évaluation qui, dans sa conception, doit donc permettre d’identifier le degré de fatigue au-delà duquel la lucidité baisse au point que la réalisation technique n’est plus efficace. L’idée était de mettre au point une série de tests combinant processus énergétiques et informationnels dont l’objectifest de mesurer le degré d’efficacité de la réalisation d’une tâche technique immédiatement après avoir réalisé une tâche physique entraînant une préfatigue.

 

Morceaux choisis de la littérature scientifique

L’aptitude à répéter des sprints

La plupart des sports collectifs nécessitent de reproduire des efforts courts supramaximaux (i.e. sprint anaérobie) entrecoupés de brèves périodes de récupération, et ce, plusieurs fois au cours d’un même match (60-90 min). En 2001, David Bishop de l’université de Western Australia de Perth Australie) définit le RSA (Repeated Sprint Ability = aptitude à répéter des sprints) comme une composante importante dans ces sports. Ce dernier a défini les critères de répétition de sprint de la manière suivante : succession d’au moins trois sprints (<30 m) avec une durée moyenne de récupération entre les sprints inférieure à 21 secondes. Les joueurs avec un bon RSA seraient susceptibles de mieux réitérer les mêmes efforts courts supramaximaux dans le temps.

 

une durée moyenne de récupération entre les sprints inférieure à 21 secondes

 

En hockey sur gazon, les principales études s’accordent à dire que lors d’une rencontre de haut niveau, la durée des sprints est d’environ 2 secondes à raison de 20 à 40 occurrences par match en fonction des postes et du niveau de jeu notamment – ce qui équivaudrait à un sprint toutes les 2 minutes pour un match de hockey de 60 min (4 × 15 minutes). Toutefois, la nature imprévisible d’une opposition rend aléatoire la distribution de ces périodes courtes et intenses qui représentent à peine plus de 1,5 % du temps total d’une rencontre. Ainsi, un joueur pourra aussi bien réaliser au cours d’un même match une succession de 3 sprints entrecoupés de 5 secondes de marche, qu’une succession de 5 sprints entrecoupés de 20 secondes de marche. Une étude de Spencer et al. (2004) réalisée sur l’équipe masculine d’Australie a recensé 17 périodes de répétition d’environ 4 à 6 sprints de 2 secondes.

Ces périodes étaient entrecoupées en moyenne de 15 secondes de « récupération » dont 95 % en modalité active (marche, jogging). La plupart de ces phases très intenses sont généralement associées à des moments clés comme l’interception d’une passe dangereuse, une action de contre-attaque ou un repli défensif et peuvent donc grandement influencer l’issue d’un match, d’où l’importance à donner au suivi de cette aptitude chez le hockeyeur pour qu’il puisse retarder l’apparition de la fatigue.

 

Source :  Réflexions Sport # 12 © INSEP - janvier 2016 / Par Vincent Le Croller, Responsable des formations, Pôle France hockey sur gazon à l’INSEP et Enzo Hollville, Doctorant au département de la Recherche, laboratoire Sport, Expertise et Performance (SEP) à l’INSEP

Illustrations : ©Icon sport

 

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