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Klauss / Péché, bromance à Rio

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Numéros un mondiaux en canoë biplace (C2) slalom, médaillés de bronze des derniers championnats du monde, Gauthier Klauss et Matthieu Péché, amis dans la vie comme sur l’eau, tenteront d’aller toucher l’or au Brésil cet été. .

On les croirait tous deux sortis d’un film à succès tel que l’affectionne Hollywood. Et encore, pas sûr que le cerveau même très inspiré d’un scénariste aurait pu imaginer un tel pitch. Jugez plutôt. Deux enfants qui voient le jour dans la même ville - Epinal -, la même année - 1987 -, et qui, grâce à l’amitié qui unit déjà leurs parents, vont grandir sans jamais vraiment se quitter. Et quand l’un des deux, à peine âgé de 7 ans, demandera à l’autre d’embarquer dans le même bateau, littéralement parlant, leur destin se retrouvera à jamais lié. Vous imaginez déjà la suite ? Au fil de l’eau et des années, il y aura des joies, des succès, des remous, des coups de gueule aussi... Tous les ingrédients pour tenir le spectateur en haleine. Et c’est peut-être cet été dans le cadre idyllique de Rio que leur aventure commune connaîtra son plus bel épisode. Vous avez presque des frissons en les imaginant tous deux parés d’or au pied du Corcovado ? Sauf qu’ils préfèrent mettre les choses au point tout de suite, et dans un grand sourire : non, ils ne sont pas un couple. Et non, leur histoire n’est pas une romance. Entre Gauthier Klauss et Matthieu Péché, il est plutôt question de « bromance », le terme à la mode pour désigner une amitié forte entre deux hommes.

 

Un lien indéfectible

Ce lien indéfectible qu’ont tissé les deux hommes dans la vie se retrouve lorsqu’ils calent leurs genoux dans leur canoë biplace. Depuis deux ans, les Français sont même les meilleurs ou presque dans leur spécialité, le C2 slalom. Numéros un mondiaux depuis 2014, les céistes ont détrôné les légendaires jumeaux slovaques Peter et Paul Hochschorner, triple champions olympiques et sextuple champions du monde de la spécialité, qui trustaient le ranking mondial depuis près de dix ans. Et c’est avec ce statut envié qu’ils débarqueront au stade Whitewater de Copacabana l’été prochain pour leur deuxième participation aux Jeux Olympiques, eux qui avaient terminé au pied du podium (4e) en 2012. « Le fait d’être numéros un mondiaux ne changera rien pour nous sur la ligne de départ, reconnaissent-ils. Ce n’est pas ce qui nous donnera un avantage chronométrique sur nos adversaires et il y aura toujours un parcours à descendre et des portes à passer. Mais ça, on sait faire ! »
Ils l’ont encore prouvé en avril dernier en remportant les fameuses « piges », les championnats de France sélectifs organisés à Pau. En prenant notamment le meilleur sur le duo Pierre Pico-Hugo Biso, vice-champions du monde individuels en 2014 et 2015, les « Klapé », leur surnom, ont validé leur billet pour Rio, un seul bateau par catégorie étant qualifié pour les JO. « On est vraiment passé par toutes les émotions au cours de cette semaine de sélection et on est aussi très déçus pour les autres équipages qui sont tous des amis mais le plus important pour nous est de pouvoir défendre à nouveau notre chance aux Jeux », témoignent les inséparables, y compris dans leur vie professionnelle puisqu’ils sont tous deux chefs de Projets Marketing au sein du dispositif Athlètes SNCF.
 

 

Toucher l'OR à Rio

Souvent présentés comme les héritiers de Frank Adisson et William Forgues, les derniers français médaillés olympiques en C2 (bronze en 1992, or en 1996), il leur faudra maintenant démontrer leur capacité à répondre présent le jour J. Car malgré un palmarès exceptionnel - vainqueurs du classement général de la Coupe du monde en 2013 et 2015, quadruple champions du monde par équipes, champions d’Europe par équipes en 2013 également -, les Spinaliens n’ont, dans leur riche carrière, connu qu’un seul podium international en individuel. C’était l’an passé aux championnats du monde (3e), derrière leurs compatriotes Pico-Biso donc (2e) et les Allemands Franz Anton et Jan Benzien. En 2012, à Londres, une pénalité de 2 secondes en effleurant l’une des dernières portes du parcours les avaient privés de médaille. Pour toucher l’or à Rio et succéder aux Britanniques Timothy Baillie et Etienne Stott, ils le savent, ils devront se montrer les plus rapides mais aussi les plus créatifs et réaliser un sans-faute.
 
 
« Ils savent ce qu’il faut faire au bon moment sans même se regarder ou en parler, ça en devient presque magique ! », s’extasie leur coach, Thierry Saïdi.

 

 

Lire l'intégralité de l'article dans INSEP le Mag #15 

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