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La lutte française parie sur l’avenir

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Après une olympiade décevante, les lutteurs tricolores sont repartis de l’avant à l’INSEP dans la perspective des Mondiaux de Paris l’été prochain tout en préparant la génération 2024.

Elle est le rayon de soleil de cette année 2016. La seule en réalité à avoir réussi à percer le ciel de plomb qui a pesé sur la lutte française ces derniers mois. À 18 ans, Koumba Larroque incarne l’avenir, mais aussi le présent de la discipline. Championne du monde junior dans la catégorie 67 kg en août dernier à Macon, un an après avoir remporté le titre chez les cadettes et quelques mois après son sacre européen, la discrète sociétaire du club de Sainte- Geneviève-des-Bois est le phénomène que la lutte française espérait. Et dont elle avait cruellement besoin. Car après trois olympiades historiques – deux médailles de bronze pour Anna Gomis et Lise Legrand à Athènes en 2004 ; deux médailles de bronze pour Christophe Guénot et Yannick Szczepaniak et une médaille d’or pour Steeve Guénot à Pékin en 2008 et une médaille de bronze pour Steeve Guénot à Londres en 2012 –, ...

... les Jeux de Rio ont marqué une rupture.

Outre la déception de n’avoir qualifié aucun représentant en lutte gréco-romaine, les deux seuls athlètes en lice au Brésil – Cynthia Vescan (-75 kg) et Zelimkhan Khadjiev (libre, -74 kg) – ont connu une nouvelle désillusion en étant tous deux éliminés à l’issue de leur premier combat. Une contre-performance, « une vraie claque » selon les termes de Franck Abrial, le responsable du pôle France de l’INSEP, qu’il a fallu digérer. « La blessure est encore présente », reconnaît l’ancien spécialiste de « gréco », sélectionné olympique en 68 kg à Séoul en 1988.

  

  

Les Mondiaux de Paris en tête

Pourtant, à la rentrée officielle du pôle en octobre dernier ou encore lors des différentes séances d’entraînement qui ont suivi, nulles traces d’abattement ou de résignation. Les championnats du monde de Paris se profilent déjà (du 21 au 26 août 2017) et les lutteurs tricolores n’ont pas le temps de s’apitoyer sur leur sort. « Ces Mondiaux arrivent peut-être un peu vite, mais au moins ils nous donnent l’occasion de rebondir et de nous focaliser sur un objectif à court terme », admet Christophe Guénot, reconverti entraîneur national de gréco l’an passé.

Très marqué par sa non qualification pour les Jeux de Rio alors qu’il avait décroché le titre mondial en -84 kg en 2014, Mélonin Noumonvi a ainsi pris quelques semaines pour évacuer sa frustration avant de faire son retour sur les tapis, plus motivé que jamais à l’idée de réussir son ultime sortie à Paris l’été prochain. Et il n’est pas le seul. À l’INSEP, depuis la rentrée, on se retrousse les manches et on innove. Outre la traditionnelle « journée match » du jeudi où les oppositions s’enchainent en mode compétition, les 32 lutteurs s’astreignent désormais à une séance hebdomadaire matinale de réveil musculaire, dès 6h30. « Ce qui les oblige aussi à changer de rythme de vie, en termes de sommeil, de nutrition,… et ce n’est pas le moindre de leurs efforts, sourit Franck Abrial. Les effets sont déjà très positifs. Il y a plus de carburant dans le moteur et les séances qui suivent sont exceptionnelles. »

  

On bouscule les habitudes

Des séances où il n’est pas rare de retrouver les filles et les garçons de la lutte libre sur le même tapis pour un entraînement en commun. De nouveaux partenaires, issus des clubs de la région parisienne ou de délégations étrangères, viennent aussi régulièrement à l’INSEP se mesurer aux membres de l’équipe de France. « Les leaders ont besoin de confrontation, de se frotter à différents profils, mais aussi d’être bousculés dans leurs habitudes », assure Franck Abrial. C’est d’ailleurs avec cette même volonté de changement que les coachs ont décidé d’emmener leurs troupes en stages à l’étranger dans des contrées jusque là peu exploitées (Finlande, Russie, Japon…). Autant d’innovations destinées à relancer la dynamique dans un groupe France en reconstruction.

Et si la fédération tentera de proposer un collectif senior performant pour Paris 2017, tous les regards sont déjà tournés sur la jeune génération emmenée par Koumba Larroque. « Koumba, qui aurait déjà pu se qualifier pour Rio, est « programmée » pour Tokyo 2020, mais aujourd’hui l’objectif est aussi et surtout de travailler sur la génération 2024, avoue Franck Abrial. On veut se donner le temps ces 8 prochaines années de tenter des choses, de tester des athlètes afin de construire une équipe dense et performante, dans toutes les catégories. » Un « pari sur l’avenir » selon Christophe Guénot qui permettra peut-être à la lutte française de retrouver un peu de ce soleil auquel elle avait commencé à s’habituer mais qui a eu tendance à s’éclipser ces derniers mois. À un rayon près.

  

   

Lire l'intégralité de l'article dans INSEP le Mag #18

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