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Les JO dans l’histoire des meilleures performances d’athlétisme

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Les JO dans l’histoire des meilleures performances mondiales d’athlétisme

L’athlétisme est la discipline la plus populaire des Jeux Olympiques et le Stade Nilton Santos de Rio devrait à nouveau générer l’engouement de milliards de téléspectateurs du 12 au 21 août. Présent à toutes les éditions depuis la création des Jeux de l’ère moderne en 1896, cette dernière offre un recul essentiel permettant de retracer les conditions dans lesquelles ont été réalisées les meilleures performances mondiales.

Ces données ont permis à l’IRMES (Institut de Recherche bioMédicale et d’Epidémiologie du Sport) de mesurer l’évolution annuelle des performances des 10 meilleures athlètes masculins et féminins comparativement à celles des Jeux Olympiques, dans toutes les épreuves depuis leur création respective.

En voici un exemple sur trois épreuves (100m, marathon et lancer de poids ; temps en secondes, distance en mètre. Les points rouges représentent les performances des finalistes olympiques, les marques noires représentent les 10 meilleures performances réalisées dans le monde chaque année).

 

Les performances au 100m

En 1891 le meilleur temps sur la distance est réalisé par l’Américain Luther Cary en 10,8 secondes. A l’occasion des premiers Jeux Olympiques en 1896, tout comme la plupart des meilleurs mondiaux, Cary ne peut se rendre à Athènes. Les performances des finalistes s’en ressentent et varient de 12 à 12,6 secondes (~13% d’écart avec les meilleures performances de l’époque). Au fur et à mesure, le professionnalisme ainsi que l’accessibilité aux compétitions rehaussent le niveau des Jeux Olympiques et les performances des finalistes se rapprochent de plus en plus des temps des dix meilleurs mondiaux de l’année, l’écart n’est plus que de 2,6% en 1980. Depuis cette période, mis à part les deux contre-performances respectives de Ray Stewart (1988) et d’Asafa Powell (2012) pour causes de blessures, un écart de seulement 0,8% séparent les finalistes des Jeux Olympiques des 10 meilleurs mondiaux. Notons, à partir des années 70, l’apparition de l’enregistrement chronométrique au centième qui permet une incrémentation plus précise des temps de course.

 

Les performances au marathon

Le marathon est présent aux Jeux dès la première édition, mais sur une distance avoisinant les 40 kilomètres, puisque l’officialisation des 42,195 kilomètres ne s’est faite pour la première fois qu’en 1921. A l’image du 100m, les performances des finalistes olympiques et des 10 meilleurs coureurs mondiaux suivent une évolution très similaire avec une grande phase de progression ; autour de 2 heures 50 minutes dans les années 20 pour atteindre aujourd’hui un record du monde établi en 2 heures 2 minutes et 57 secondes. L’impact de la seconde guerre mondiale (1939-1945) sur les performances est très important sur cette épreuve, avec un recul de plus de 10 minutes durant ces années où les meilleurs spécialistes sont emportés par le tourbillon mondial et ne sont plus sur les stades. Entre 1920 et 1980, l’écart moyen est de 2,7% entre le temps de courses des finalistes Olympiques et les performances du Top10 mondial.

 

Un recul de 6,3% est visible sur les performances des finalistes de 1956, principalement lié aux difficultés et aux temps de déplacement jusqu’à Melbourne, site des premiers Jeux en Océanie. En 1968, l’hypoxie d’altitude (Mexico se situe à 2240m) impacte très fortement le temps des coureurs (-9% par rapport au Top 10 mondial). Actuellement, les meilleures performances mondiales sont principalement réalisées par des athlètes originaires d’Afrique de l’Est [3] lorsque la température ambiante avoisine les 10°C, valeur optimale pour les plus hautes performances, rencontrée le plus souvent vers les mois d’avril, septembre ou octobre dans l’hémisphère nord [4,5]. Le calendrier estival des Jeux génère donc en général un impact négatif sur les performances des marathoniens (il fait trop chaud lors de la course pour pouvoir établir un record) et, à l’exception de Pékin, lieu d’une course survitaminée en 2008, le recul est en moyenne de 4% sur les dernières Olympiades.

 

Les performances au Lancer du poids

Avec le saut à la perche, le lancer du poids est l’une des épreuves d’athlétisme ayant le plus progressé. En 1891, les 10 meilleurs performeurs lançaient en moyenne à 12,87 mètres. Ils atteignent 21,7 mètres en 2015, soit un gain de 40%. Les performances Olympiques du début du siècle dernier sont très inférieures aux meilleures mondiales de l’époque avec une différence de 11,5% entre 1896 et 1920. C’est à la fin des années 80 que les records explosent. Avec un jet à 23,12m en 1990, l’Américain Randy Barnes est encore l’actuel recordman - contesté - de la discipline. Cette performance intervient en effet dans une période rythmée par l’utilisation des stéroïdes anabolisants et des hormones de synthèse dans un climat de fin de guerre froide où toute la pharmacologie sera testée. Dans les années 1990-2000, l’instauration des contrôles, de l’agence et du code mondial anti-dopage verra ces performances largement régresser.

 

 

Depuis 1920, les performances réalisées par les finalistes des Jeux Olympiques évoluent parallèlement à celles accomplies chaque année par les 10 meilleurs mondiaux, avec un écart de 3,5%. Les performances des 10 meilleurs athlètes mondiaux et celles des finalistes au JO présentent donc des évolutions très similaires au cours de l’ère Olympique. Après le recul lié aux deux guerres mondiales, puis une très forte croissance jusqu’en 1990 (et la transition des régimes est-européens), le ralentissement est général. Ce plafonnement des performances est un phénomène qui apparait aussi dans la plupart des épreuves quantifiées telles que la natation ou l’haltérophilie [1–2] et qui témoignent de l’atteinte progressive des limites physiologiques (vitesse, force, puissance, endurance) de l’espèce humaine.

 

[1] Berthelot G, Thibault V, Tafflet M, et al. The citius end: world records progression announces the completion of a brief ultra-physiological quest. PloS One 2008.
[2] Berthelot G, Tafflet M, El Helou N, et al. Athlete atypicity on the edge of human achievement: performances stagnate after the last peak, in 1988. PloS One 2010.
[3] Marc A, Sedeaud A, Guillaume M, et al. Marathon progress: demography and environment. J Sports Sciences 2014.
[4] Marc A, Sedeaud A, Schipman J, et al. Geographic enrollment of the top 100 in athletics running events from 1996 to 2012. J Sports Med Phys Fitness 2015.
[5] El Helou N, Tafflet M, Berthelot G,et al. Impact of environmental parameters on marathon running performance. PLoS One 2012.

 

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