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Patrice Mourier, l’homme aux huit olympiades

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Cet homme a traversé huit olympiades : trois en tant que sportif de haut niveau et cinq en tant qu’entraîneur national de lutte gréco-romaine. Quels sont ses secrets bien gardés de la gestion de ses sportifs avant une compétition ? Retour sur le parcours de l’homme de « la culture de la gagne ». Présentation par Stéphane Couckuyt.

 

Le parcours d’un homme de défis

La promesse de l’or olympique

Patrice Mourier pratique la lutte depuis ses 7 ans, l’âge de raison. Découvrant ce sport par hasard, il se spécialise en gréco-romaine, et passe tous les niveaux de compétitions.

Appréciant le paradoxe du combat réglementé, pour lui, la lutte reste « quand même un vrai sport de combat ».

Ses titres ? Ils sont nombreux. Jugez plutôt. Champion national, membre de l’équipe de France, champion d’Europe en 1990 et champion du monde en 1987, titulaire du brevet d’état d’éducateur sportif 1er degré, BEES1 (1981) et du BEES2 (1984), il devient en 1992, entraîneur national puis en 2004 directeur de l’équipe de France de lutte gréco-romaine. Il participe en tant que sportif aux Jeux olympiques de Los Angeles (1984), de Séoul (1988) et de Barcelone (1992). Il revient non titré de ses événements mais se fait une promesse : « tu ne l’as pas ramené [la médaille olympique] en tant que personne, en tant que lutteur, tu vas la ramener en tant qu’entraîneur ». Ce sera chose faite en 1996 avec l’argent de Ghani Yalouz, puis en 2008 avec l’or de Steeve Guénot et le bronze de Christophe Guénot et enfin le bronze en 2012 de Steeve Guénot. La médaille olympique revêt une importance particulière en lutte gréco-romaine car il s’agit d’une discipline peu médiatisée en France à part lors des Jeux.

 

Celui qui fait gravir les podiums 

Dormant peu, passionné et communicatif sur son métier et son sport, il se sent bien avec ses sportifs. Harmonie peutêtre créée du fait de leur origine sociale commune. Se positionnant comme un père de famille, il accompagne son équipe pour faire des médailles, parce qu’il sait (pour l’avoir vécu) que la vie d’un athlète change avec les titres mondiaux, et aussi parce que c’est sa mission au sein de la FFL. Ce qu’il veut c’est voir ses sportifs « monter sur les podiums » sachant le travail et les difficultés surmontées pour en arriver là.

 

Son leitmotiv : le travail

En plus de vingt ans en tant qu’entraîneur de haut niveau, P. Mourier a évolué dans son activité en échangeant avec ses pairs en se forgeant sa propre expérience, et s’est créé un staff. Il explique qu’il a beaucoup appris avec un entraîneur de l’ex-URSS parmi les plus titrés en lutte : Gennadi Sapunov, lors de stages en Biélorussie. Cet homme était très exigeant et dur avec ses sportifs, mais surtout dans l’échange avec eux et doté d’une certaine qualité d’écoute. Petit à petit, P. Mourier est devenu un peu plus à l’écoute de son groupe, notamment en tenant compte des particularités de ses champions : âge, nombre d’années passées en équipe de France.

Son surnom ? « le dictateur » ce qui lui semble justifié au vu de la culture de ce sport et des profils des sportifs qui arrivent sur le pôle. Il a davantage de tolérance sur l’entraînement avec ses athlètes expérimentés – au regard du palmarès et de l’âge – pour Steeve Guenot (30 ans, champion olympique, blessé à de multiples reprises) et Mélonin Noumonvi (33 ans, champion du monde, père de famille) par exemple. P. Mourier donne une part importante au « feeling » de l’entraîneur, pour changer, voire annuler une séance. Mais son leitmotiv reste le travail, « se donner les moyens » en vue d’aller au bout des objectifs car « tout le monde peut réussir quelque chose d’exceptionnel dans sa vie ».

Au début, en 1992, P. Mourier travaillait seul. Par la suite, il s’est entouré de personnes complémentaires pour créer un équilibre au sein du staff, avec, entre autres, Jean-Marc Cardey qui relativise ses « gueulantes » auprès des sportifs. Être entouré d’un staff lui permet d’avoir un espace d’échange et d’agir alors de manière moins impulsive. Au coeur de ce staff, Christophe Guénot, ancien sportif de haut niveau et entraîneur sur la lutte gréco-romaine. D’abord adjoint, il est nommé responsable en décembre 2015. P. Mourier pense que C. Guénot va continuer à développer son propre style, tout en étant dans une « culture de la gagne », enseignée tout au long de ses années en équipe de France avec P. Mourier. Comment « inculquer » cette envie de performer ?

 

 

Lire l'intégralité de l'article dans RéflexionSport #13

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