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Pauline Ado, "L'image de la surfeuse fait rêver"

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Championne du monde de surf en mai dernier, triple championne d’Europe, Pauline Ado explique l’importance de l’image dans sa discipline. Et encore plus pour les surfeuses.
 
 
En dehors des compétitions, les surfeurs et surfeuses se doivent d’entretenir leur image, peut-être plus encore que dans un autre sport. Pour quelles raisons ?

Le surf fait partie de ces sports où l’on peut exister au travers de la compétition et des résultats, mais également par son image. Les médias et les sponsors s’intéressent aux «profils compétiteurs», mais pas seulement.
Il faut donc apprendre à jouer sur plusieurs tableaux : être performant, mais également développer et entretenir son image dans le monde du surf par le biais de shooting photos, de vidéos… J’ai vraiment pris conscience de l’importance de l’image au début de ma carrière professionnelle seulement. Car mes revenus dépendent évidemment beaucoup de mes résultats et des prize moneys (primes) qui en découlent, mais ceux de mes partenariats sont complémentaires et je dois en tenir compte.

Est-ce que cet aspect gestion d’image peut parfois s’avérer une contrainte, notamment dans votre emploi du temps ?

Non, car mes partenaires ont toujours respecté mon calendrier sportif et les exigences de mes entraînements. Ils souhaitent m’accompagner vers la réussite de mes objectifs et non l’entraver. Les opérations de communication, les shootings… vont me prendre une à deux journées plusieurs fois dans l’année, mais nous faisons en sorte que cela se déroule dans des périodes plus calmes de mon calendrier pour me laisser le temps de m’entraîner. Par principe, je ne dis jamais « non ». J’ai la chance d’être entourée de partenaires dont j’utilise et apprécie les produits au quotidien et dont je partage la philosophie. Les mettre en avant reste donc assez naturel. Mais je fais en sorte de fixer des limites pour que cela ne devienne pas une contrainte pour moi. En général, ce sont des projets dans lesquels je me sens impliquée et qui me plaisent et donc dans lesquels j’aime m’investir. Après, il m’est déjà arrivé de refuser des projets qui ne me ressemblaient pas.

Est-ce que vous êtes accompagnée dans la gestion de votre image ?

Je travaille depuis quelques temps avec l’agence O2 management qui m’épaule et me conseille dans la gestion de ma carrière et de mon image. Je prends évidemment souvent conseil auprès de mes proches, mais je gère moi-même mes réseaux sociaux. Pour moi, c’est quelque chose de très personnel. Cela me permet d’être en contact direct avec les personnes qui me suivent, de me sentir soutenue. J’essaie de faire partager mon quotidien de surfeuse pro à travers mes posts. Et je fais attention à rester fidèle à moi-même, à être naturelle.

Est-ce que vous avez le sentiment que l’image de la surfeuse a évolué ? 

Oui, énormément ces dernières années. Nous sommes passées de l’image d’un sport « réservé aux hommes » à celui de sport à la mode surtout chez les femmes. Les surfeuses avaient un peu une image de « garçons manqués » auparavant alors que maintenant le surf combine une image de performance, de féminité et d’un lifestyle sain dans une cadre naturel et parfois paradisiaque. L’image de la surfeuse fait rêver. 

Pour autant, on vous a vu vous élever, par le biais d’une vidéo décalée*, contre les préjugés dans votre sport et notamment les clichés sexistes sur la surfeuse. Pour quelles raisons ?

Comme souvent dans le sport féminin, on donne beaucoup de crédit au physique des athlètes. Le surf ne fait pas exception et l’image glamour de la surfeuse a parfois été poussée à l’excès, de façon pas toujours très subtile. C’est souvent ce que le grand public retient et cela ne sert pas la crédibilité de notre sport. Il y a énormément de façon de nous mettre en valeur dans notre sport sans tomber dans ces excès.

Pensez-vous que l’arrivée du surf aux Jeux Olympiques, en 2020, à Tokyo, va changer la donne et donner plus de crédibilité au surf ?

Oui, certainement et de façon positive j’espère. Cela nous permettra déjà de dévoiler notre sport au grand public. J’imagine que le surf sera de plus en plus suivi avec l’arrivée aux JO, les surfeurs seront certainement beaucoup plus sollicités. Et ceux qui voyaient le surf comme un sport «loisir» changeront sûrement de regard et s’intéresseront à l’aspect professionnel. Cela donnera certainement plus de crédibilité au surf professionnel… et aux surfeuses !...

Retrouvez l'intégralité de cet article dans INSEP Le Mag #21 ICI

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