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INSEP le Mag #9 : Au CREPS de Toulouse, le sport de haut niveau est tiré vers le haut

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Sur le podium des établissements en France en matière d’accueil de sportifs de haut niveau après l’INSEP, le CREPS de Toulouse Midi-Pyrénées a décidé de renforcer son positionnement sur le haut niveau et d’optimiser l’accompagnement vers la performance.

Pour demeurer un acteur indispensable dans la nouvelle organisation institutionnelle du sport français, le CREPS de Toulouse Midi-Pyrénées s’est doté récemment d’un nouveau projet d’établissement. Parmi les quatre grandes orientations politiques retenues dans ce projet, la structure toulousaine entend notamment renforcer son positionnement sur le sport de haut niveau. Figurant parmi les établissements phares en France en matière d’accueil de sportifs de haut niveau après l’INSEP, le CREPS de Toulouse Midi-Pyrénées compte dans ses murs 330 sportifs de haut niveau (avec un taux annuel de renouvellement des athlètes de 41%) répartis sur 11 pôles France, 8 pôles espoirs et 2 centres de formations de clubs professionnels.

Il accompagne par ailleurs les fédérations sportives et leurs comités territoriaux dans la formation des jeunes sportifs de haut niveau et le développement des pratiques sportives : stages d’équipe de France, compétitions, organisation de séminaires de ligues, de formations de  bénévoles... « Malgré tous ses atouts, le CREPS souffre d’un déficit de notoriété en dehors de ces partenariats institutionnels, de moyens et d’organisation pour accueillir plus et mieux notamment le haut niveau », souligne son directeur, Eric Journaux.

Le nouveau projet d’établissement a donc posé le principe de la construction d’une démarche de coproduction de la performance avec les fédérations sportives et d’une approche individualisée de la préparation de la haute performance sportive. Des actions spécifiques et adaptées à une catégorie limitée de sportifs et d’éducateurs/entraineurs ont été notamment initiées et le CREPS envisage de nouvelles prestations auprès des pôles, un meilleur suivi des athlètes hors structure, un cursus de formation diplômant de kinésithérapeute du sport, de la formation continue pour les acteurs du territoire, etc.

Devenir plus performant dans la détection

Pour s’inscrire dans la performance et conduire le changement, le Département du Sport de Haut Niveau s’est d’ailleurs donné une définition de la performance dans sa propre pratique au quotidien : La performance, état de grâce et d’harmonie par la prise de risque et la créativité . Tout un programme ! “ Le CREPS de Toulouse souhaite être encore plus performant aujourd’hui dans la détection et le recrutement des sportifs ”, avoue Eric Journaux. Une réflexion de fond a donc été engagée sur l’admission des sportifs en pôles, avec notamment une « rénovation » des commissions d’admission des sportifs de haut niveau entrants au CREPS. “ On parle aujourd’hui de « processus d’admission » pour montrer que cette sélection s’inscrit dans la durée et dans la concertation entre les fédérations et notre établissement, explique Jacques Taborski, le chef du département du sport de haut niveau. Et cela commence par une conception partagée du sportif dans sa globalité et donc dans l’appréhension d’un projet de vie, global lui aussi. Nous préférons considérer que le sportif a un projet de vie à plusieurs dimensions, plutôt qu’un double projet, triple projet... ”.

Outre le processus d’admission, d’autres axes de coopération ont également été mis en place avec les fédérations. Pour améliorer leur détection, les responsables de pôles n’hésitent plus à faire appel aux compétences techniques des intervenants du CREPS. La psychologue est désormais sollicitée pour identifier les profils psychologiques sportifs, le médecin pour vérifier que certaines blessures ne mettent pas péril une potentielle entrée en pôle, le conseiller pédagogique pour s’assurer de la cohérence du projet sportif avec les études envisagées...

La responsabilisation du sportif en avant

Le CREPS met aujourd’hui fortement l’accent sur la question de la responsabilisation du sportif pour favoriser la réussite dans son projet de vie. Les différents secteurs du département de haut niveau sont mobilisés comme des outils et des ressources dynamiques pour les sportifs et entraineurs dans un but de performance. En terme de gestion du projet de vie, une rubrique d’auto-évaluation sera insérée sur le portail de suivi quotidien du sportif afin que ce dernier soit acteur de projet et donne son point de vue sur l’atteinte de ses objectifs. Par ailleurs, des temps de réunions transversales régulières seront organisés entre les différents secteurs du département du haut niveau (scolarité, médical, vie quotidienne...) et les entraineurs afin de partager les objectifs du projet de vie du sportif et de mieux l’accompagner dans ce cadre collectivement acté.

Un vrai partenaire du mouvement associatif sportif

Enfin, le département « Accueil » (Département Ressource, Accueil, Animation et Communication) assume sa part de transformation des pratiques dans le cadre du projet d’établissement. “ Les CREPS sont trop souvent utilisés pour de l’hôtellerie sportive, affirme Eric Journaux. Nous avons voulu proposer un autre modèle et redevenir un outil au service du développement des pratiques pour être un vrai partenaire du mouvement associatif sportif et non un simple prestataire. ” De nombreuses conventions ont notamment été signées avec les disciplines qui clairement affichent le CREPS comme outil de leur développement en l’investissant pour leur pratique de haut niveau, leur stratégie de centre de formation et les accueils de stages et de regroupement fédéraux. « Nous étions à la recherche d’un lieu où nous pourrions d’une part organiser des regroupements en période scolaire avec des effectifs assez important (120/180 athlètes) et d’autre part mettre en place notre nouvelle politique de formation avec l’ouverture du BPJEPS et d’un CQP, témoigne Marc Delvingt, arbitre international et cadre technique de la ligue Midi-Pyrénées de judo. À priori, au CREPS, nous avions l’hébergement mais pas de Dojo. Un projet de coopération a permis d’une part d’équiper un gymnase de 800 m2 de tapis, stocké au CREPS mais en propriété de la ligue, et d’autre part d’installer pour les formations un Dojo de 80m2 quasi en permanence. Un beau projet « gagnant/gagnant. » Les jeunes joueuses de l’Institut féminin du volley-ball, hébergées en permanence au CREPS, ont aussi pu bénéficier de ces accords. « Notre équipe joue ses rencontres à domicile au CREPS et il nous a fallu trouver une solution pour permettre aux filles et au staff de manger après les matchs, sans jamais savoir à quelle heure nous pas- serions à table, entre 19h30 et 22h, raconte Jacques Béraud, l’entraîneur de l’IFVB. Le CREPS a inventé pour nous la formule « repas après match », permettant aux équipes de disposer d’un buffet « sportif » dans une salle adapté à notre convenance. Et quand l’équipe de France A Féminine est venue en stage en 2013, les services de restauration ont aussi élaborés un menu à la carte. Une adaptation appréciée et indispensable dans une logique de haut niveau ! » Car au CREPS de Toulouse, le sport de haut niveau est définitivement tiré vers le haut.

TROIS QUESTIONS À...

Nicolas D’ORIANO

Grand espoir de la natation française, Nicolas d’Oriano, sacré champion de France senior du 400m 4 nages en avril dernier à seulement 18 ans, est membre du pôle France depuis septembre 2012.

Vous avez récemment été sacré champion de France en natation, vous passerez bientôt votre baccalauréat, tout en étant interne au CREPS de Toulouse... Comment parvenez-vous à gérer vos différents projets ?

(sourire) Présenté comme cela, cela ne semble pas évident, mais le CREPS facilite l'articulation des temps de vie. Mes journées commencent à 7h15 et se terminent à 22h30 non stop ! Je m’entraîne environ 25 h par semaine avec en plus 17 h de cours hebdomadaire. Grâce au CREPS, j’ai pu effectuer ma première et ma terminale en trois ans. Je n'aurais jamais eu autant de temps pour m'entraîner si j'avais fais un cursus classique, et du coup, je n'ai vraiment pas l'impression d'avoir perdu une année ! La plupart des enseignants sont compréhensifs et adaptent le travail à notre état de fatigue.

L’individualisation est au cœur du projet du CREPS. Comment cela se concrétise-t-il pour vous ?

Le travail est personnalisé. Par exemple, tous les soirs, nous avons des études obligatoires. Étant en terminale, j'ai plus de liberté, je peux rester dans ma chambre, utiliser mon ordinateur pour mon travail personnel et même échanger avec mes camarades de classe qui sont eux aussi en étude dans leur chambre. Ces conditions nous permettent de nous entraider mais aussi d'être plus autonomes. J'ai également la possibilité d'avoir des cours de soutien le mercredi. Mon emploi du temps est aussi adapté en retour de compétition. Il m'est même arrivé d'être dispensé d'étude parce que le responsable de la vie quotidienne voyait que j'étais très fatigué. Et les examens du baccalauréat ne sont prévus pour moi qu’en septembre, le temps pour moi de terminer ma saison sportive qui s’achèvera le 10 août. Il me restera ensuite trois semaines pour réviser.

Quels sont les autres éléments qui entrent en jeu dans la performance sportive et dans votre quotidien ?

Au-delà des entraînements sportifs de qualité, l’unité de lieu est un des grands atouts du CREPS. Tout est sur place. Et pour un jeune qui n’a pas le permis comme moi, c’est l’idéal. Je pense notamment au service médical qui compte un médecin, un kinésithérapeute, une infirmière et une psychologue. Des spécialistes se déplacent et je peux même passer une échographie sur place. Le vendredi après-midi, des créneaux d'ostéopathie sont réservés et accessibles sans rendez-vous. Au même titre qu’une balnéo, un spa et un bain froid. À la suite d'une baisse de motivation et pour mieux préparer mes championnats, je suis allé consulter la psychologue. Cela m'a permis de gérer certaines situations, de ne pas baisser les bras et de me centrer sur moi-même. Et au vu de mes récents résultats, je ne peux que m’en féliciter.

Retrouvez l'intégralité d'INSEP le Mag #9​ en cliquant ICI

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